Actualités Palestine juillet 2026

Palestine : ce qu’il faut retenir du mois de juillet 2026

Juillet 2026 aura été un mois de contrastes pour la Palestine. Alors que les négociations internationales ont entretenu l’espoir d’une sortie de guerre à Gaza, les bombardements israéliens n’ont pas cessé. En Cisjordanie, la colonisation et les violences de colons ont continué de s’intensifier. Et derrière les annonces diplomatiques, une réalité demeure : des millions de Palestiniens vivent toujours déplacés, privés de sécurité et confrontés à une crise humanitaire majeure.

Gaza : un cessez-le-feu qui ne met pas fin aux morts

Au début du mois, Gaza entrait dans son 1 000e jour de guerre. Selon les autorités sanitaires palestiniennes citées par Associated Press, plus de 73 000 Palestiniens avaient déjà été tués depuis le début de la guerre, tandis que plus de deux millions de personnes demeuraient déplacées.

Le paradoxe du mois de juillet est particulièrement brutal : alors qu’un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis octobre 2025, les frappes et les tirs israéliens continuent presque quotidiennement. Au fil du mois, le nombre de Palestiniens tués depuis l'entrée en vigueur de la trêve a dépassé les 1 200 morts, selon les autorités sanitaires de Gaza citées par Reuters.

Le 7 juillet, au moins sept Palestiniens, dont un enfant, ont ainsi été tués par des frappes et des tirs israéliens. Le 12 juillet, une fillette de neuf ans, Tala Abu Matar, a été tuée par des tirs près d'un campement de tentes à Al-Bureij, selon les autorités sanitaires palestiniennes rapportées par Reuters.

Le 21 juillet, une famille entière a été décimée à Gaza-Ville. Une frappe israélienne a tué Firas Al-Masri, son épouse Salsabeel et leurs quatre enfants. Reuters rapporte que leur maison a été incendiée lors de l'attaque.

Une intensification des attaques au cœur du mois

La situation s'est encore dégradée dans la deuxième moitié de juillet. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a indiqué que, du 13 au 20 juillet seulement, au moins 57 Palestiniens, dont six enfants et huit femmes, avaient été tués par l'armée israélienne.

L'ONU souligne également que les attaques ont touché des immeubles résidentiels, des zones densément peuplées et au moins une tente abritant des personnes déplacées. Pour les Nations unies, neuf mois après l'annonce du cessez-le-feu, « nulle part » à Gaza ne peut encore être considéré comme sûr.

Une crise humanitaire qui continue de s'enfoncer

Les bombardements ne constituent qu'une partie de la catastrophe. Dans son bilan du 23 juillet, l'OCHA alertait sur la dégradation de nombreux services essentiels. La santé sexuelle et reproductive est notamment devenue extrêmement préoccupante : près de 4 000 fausses couches ont été enregistrées durant le premier semestre 2026, tandis que plus de 57 % des femmes enceintes étaient anémiques.

La reconstruction est elle aussi titanesque. Près de 60 millions de tonnes de gravats ont été générées depuis octobre 2023. À la fin juillet, seuls environ 630 000 tonnes avaient pu être retirées des routes et des infrastructures essentielles, selon l'OCHA.

L'accès à l'aide reste par ailleurs extrêmement difficile. La population est largement déplacée et confinée dans une partie réduite du territoire, tandis que les restrictions de circulation, les pénuries de carburant et les difficultés d'acheminement compliquent le travail des organisations humanitaires.

Juillet marque aussi un tournant politique pour le Hamas

Sur le plan politique, juillet a vu une évolution importante. Le Hamas a annoncé début juillet la dissolution de son comité gouvernemental d'urgence à Gaza et proposé de transférer l'administration du territoire à un comité palestinien composé de technocrates.

Cette annonce intervient dans le cadre des discussions internationales sur l'après-guerre. Mais elle ne signifie pas pour autant que les négociations sont réglées. Israël continue d'exiger le désarmement complet du Hamas avant tout retrait, tandis que le mouvement palestinien refuse de déposer les armes sans garanties sur la fin de l'occupation et des opérations militaires.

La question de savoir qui gouvernera Gaza après la guerre reste donc entière. Derrière les discussions diplomatiques se trouve surtout une question fondamentale : comment reconstruire un territoire dont une grande partie de la population a été déplacée et dont les infrastructures ont été massivement détruites ?

La Cisjordanie : la colonisation accélère encore

Pendant que l'attention internationale reste largement focalisée sur Gaza, la situation en Cisjordanie s'est elle aussi considérablement dégradée.

Le 14 juillet, le gouvernement israélien a approuvé une enveloppe de 1,3 milliard de shekels, soit environ 434 millions de dollars, destinée à établir 34 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Selon Reuters, cette décision porte à 103 le nombre de colonies dont la création a été initiée sous le mandat de Bezalel Smotrich.

Environ 700 000 colons israéliens vivent désormais en Cisjordanie, au milieu d'environ 2,7 millions de Palestiniens. La grande majorité de la communauté internationale considère les colonies israéliennes dans les territoires occupés comme contraires au droit international.

Le choix d'accélérer la colonisation alors que les discussions sur la création d'un État palestinien restent ouvertes est loin d'être anodin. Smotrich a lui-même présenté cette politique comme un moyen de renforcer le contrôle israélien et d'empêcher la création d'un État palestinien.

Violences de colons : un mois particulièrement meurtrier

La violence des colons a également atteint un nouveau niveau. Le 29 juillet, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme indiquait que 18 Palestiniens avaient été tués dans des incidents liés aux attaques de colons depuis le début de l'année, contre 17 pour l'ensemble de 2025.

Le phénomène ne se limite pas aux victimes directes. Des villages palestiniens sont confrontés à des incendies, des destructions de maisons, des agressions, des vols de bétail et des restrictions d'accès aux terres agricoles.

Dans certaines communautés, les habitants ont commencé à organiser des rondes nocturnes pour tenter de protéger leurs maisons. À Sinjil, au nord de Ramallah, l'Associated Press a notamment documenté ces groupes de Palestiniens qui montent la garde la nuit face aux attaques de colons.

Des déplacements forcés qui se poursuivent

L'OCHA estime que plus de 3 200 Palestiniens ont été déplacés en Cisjordanie depuis le début de 2026 en raison des attaques de colons et des démolitions liées à l'absence de permis de construire délivrés par Israël.

L'organisation souligne également que les attaques de colons représentaient 55 % de l'ensemble des blessures palestiniennes recensées en Cisjordanie en 2026. Le 23 juillet, l'OCHA annonçait par ailleurs qu'une nouvelle communauté palestinienne, Jabal al-Aqra'a, était devenue la 47e communauté entièrement déplacée depuis janvier 2023 à la suite d'attaques répétées de colons et de restrictions d'accès.

Des mosquées incendiées et une tension qui s'étend

La fin du mois a été marquée par une nouvelle flambée de violence dans le nord de la Cisjordanie. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, deux mosquées ont été incendiées dans ce qui a été présenté comme une attaque de colons israéliens.

Dans le même temps, quatre Palestiniens et deux soldats israéliens ont été tués lors d'affrontements dans et autour du village de Tell, près de Naplouse. L'armée israélienne a ensuite imposé des restrictions et procédé à des arrestations dans plusieurs localités de la région.

Pour les habitants, juillet aura donc été le mois d'une pression croissante : davantage de colonies, davantage de violences et davantage de restrictions, alors même que la communauté internationale continue de défendre officiellement la perspective d'un État palestinien.

Un mois de juillet entre diplomatie et réalité du terrain

Le mois s'est finalement terminé sur une nouvelle tentative diplomatique. Le président américain Donald Trump a annoncé le 31 juillet un accord de principe portant notamment sur le désarmement du Hamas, le retrait progressif des forces israéliennes et la mise en place d'une administration civile pour Gaza.

Mais cette annonce est immédiatement apparue fragile. Le Hamas a posé ses propres conditions et les autorités israéliennes ont continué d'insister sur la nécessité d'un désarmement complet avant tout retrait. Reuters rapportait ainsi que, quelques heures après l'annonce américaine, des frappes israéliennes avaient encore fait au moins un mort à Gaza.

Le contraste résume à lui seul le mois de juillet : à Washington et dans les capitales internationales, on parle de reconstruction, de désarmement et de paix. À Gaza, des familles continuent de compter leurs morts. En Cisjordanie, des villages voient leurs terres grignotées par les colonies et leurs habitants déplacés.

La question n'est donc plus seulement de savoir si une nouvelle trêve peut être négociée. Elle est de savoir si la communauté internationale acceptera enfin de faire respecter concrètement le droit international et de garantir aux Palestiniens les conditions nécessaires à une vie libre, digne et sûre.

Comment aider la Palestine ?

La solidarité peut aussi passer par des gestes simples permettant de maintenir la Palestine visible et de faire vivre sa culture.

- Porter un keffieh, symbole mondial de l'identité et de la résistance palestiniennes.

- Afficher un drapeau palestinien pour rappeler que la Palestine ne doit pas disparaître de l'espace public.

- Découvrir nos bijoux palestiniens et soutenir la mise en valeur de la culture et de l'artisanat palestiniens.


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