Carte de la Palestine

Carte de la Palestine : évolution à travers les âges

La Palestine est une région du Moyen-Orient riche en histoire et en culture, mais aussi au cœur de conflits politiques majeurs. L’évolution de sa carte au fil des siècles reflète cette complexité : empires successifs, mandat colonial, guerres, déplacements de populations, occupation militaire, colonisation et processus diplomatiques inachevés.

Cet article propose une lecture chronologique claire — avec des dates et des repères cartographiques — pour comprendre comment on en arrive à la situation actuelle : un territoire palestinien profondément fragmenté entre Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza.


evolution de la carte de la palestine

 

Avant 1917 : une région sous empires, sans frontières nationales modernes

Pendant plusieurs siècles, la région est intégrée à de grands ensembles impériaux (notamment l’Empire ottoman). Les frontières modernes n’existent pas comme aujourd’hui : on parle davantage de provinces administratives, de villes, de districts et de routes commerciales. La notion de “carte nationale” au sens contemporain est alors largement anachronique.


carte historique de la palestine

 

1917–1947 : du mandat britannique au projet de partage

1917 : la Déclaration Balfour

En 1917, le Royaume-Uni publie la Déclaration Balfour, exprimant son soutien à l’établissement d’un “foyer national juif” en Palestine, alors que la région bascule progressivement vers un contrôle britannique après la Première Guerre mondiale. Cette déclaration, associée à l’administration coloniale du Mandat britannique (formalisé au début des années 1920), ouvre une période de fortes tensions politiques, sociales et démographiques.

1920–1947 : tensions, révoltes et recomposition démographique

Sous le mandat, la Palestine connaît une montée des affrontements, des grèves, des révoltes et une militarisation progressive, tandis que les mouvements nationalistes (palestinien et sioniste) se structurent. Sur les cartes, on voit surtout des découpages administratifs, mais sur le terrain les rapports de force évoluent rapidement.


1947–1949 : plan de partage, Nakba et première grande bascule territoriale

1947 : le plan de partage de l’ONU

En 1947, l’Assemblée générale des Nations unies adopte un plan recommandant le partage du territoire sous mandat en deux États, avec un statut international pour Jérusalem. Ce plan devient un repère majeur dans les débats cartographiques, mais il n’est pas appliqué tel quel sur le terrain.

1948 : la Nakba et la guerre

En 1948, la création de l’État d’Israël et la guerre qui suit entraînent la Nakba (“catastrophe”) : des centaines de milliers de Palestiniens sont déplacés ou fuient. La carte change brutalement : Israël contrôle une part plus vaste que celle prévue par le plan de 1947, tandis que des zones palestiniennes passent sous contrôle de pays voisins.

1949 : les lignes d’armistice (“ligne verte”)

En 1949, des armistices définissent ce qu’on appelle souvent la ligne verte. À partir de là, la Cisjordanie est administrée par la Jordanie et Gaza par l’Égypte. Ces lignes ne sont pas des frontières définitives, mais elles deviennent un repère central des cartes pendant des décennies.


1956 : crise de Suez, Gaza au cœur des rapports de force régionaux

La crise de Suez (1956) illustre la fragilité de l’équilibre régional et la place stratégique de Gaza. Même si la carte politique palestinienne n’est pas redessinée durablement à cette date, l’épisode souligne que Gaza est déjà un espace fortement militarisé et disputé, pris dans les logiques de puissance.


1967 : la guerre des Six Jours et l’occupation des territoires palestiniens

En juin 1967, la guerre des Six Jours marque une seconde bascule historique. Israël occupe : la Cisjordanie (dont Jérusalem-Est) et la bande de Gaza. À partir de 1967, la “carte de la Palestine” dans les discussions internationales se lit souvent comme : territoires palestiniens occupés (Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza) face à Israël.

1967 devient un repère majeur, car de nombreuses initiatives diplomatiques futures se fonderont sur l’idée d’un retrait, ou sur la référence à des frontières d’avant 1967.


carte palestine apres 1967

 

1973 : la guerre du Kippour et le gel durable des frontières

En octobre 1973, la région connaît un nouveau conflit majeur : la guerre du Kippour (ou guerre d’Octobre), déclenchée par l’Égypte et la Syrie contre Israël. L’objectif est de reprendre des territoires occupés depuis 1967 et de remettre la question palestinienne au centre des négociations internationales.

Si cette guerre ne modifie pas directement la carte de la Palestine sur le plan territorial, elle a des conséquences politiques et diplomatiques importantes.

Après 1973 : reconnaissance accrue de la question palestinienne

Dans les années qui suivent, la question palestinienne devient plus centrale dans les arènes diplomatiques. En 1974, la Ligue arabe reconnaît l’OLP comme représentant légitime du peuple palestinien, et la même année Yasser Arafat s’exprime à l’ONU. Sur le plan symbolique, cela change la manière dont la “carte de la Palestine” est discutée : il ne s’agit plus seulement d’un territoire disputé, mais d’un peuple revendiquant un droit à l’autodétermination.

Statu quo territorial mais transformation “sur le terrain”

Contrairement à 1948 ou 1967, la guerre de 1973 n’entraîne pas de redécoupage immédiat des territoires palestiniens. La Cisjordanie et Gaza restent sous occupation israélienne. La carte continue toutefois d’évoluer par des décisions politiques, des mesures de contrôle et, progressivement, par la colonisation.


1978–1979 : Camp David et un tournant régional

Les accords de Camp David (fin des années 1970) conduisent au traité de paix entre l’Égypte et Israël. Ils recomposent les priorités régionales et montrent que des accords interétatiques peuvent se faire sans régler pleinement la question palestinienne. Sur la carte, cela n’apporte pas de souveraineté palestinienne, mais cela modifie le contexte diplomatique dans lequel la Palestine est désormais discutée.


1987 : Première Intifada et nouvelle visibilité de la réalité d’occupation

À partir de 1987, la Première Intifada exprime un soulèvement populaire dans les territoires occupés. Cartographiquement, le monde redécouvre la réalité quotidienne de l’occupation : routes contrôlées, checkpoints, accès limités, et un rapport direct entre contrôle militaire et géographie.


1993–1995 : Accords d’Oslo et fragmentation administrative (zones A, B, C)

Les accords d’Oslo (années 1990) mettent en place l’Autorité palestinienne et un découpage administratif en Cisjordanie : Zone A (administration palestinienne), Zone B (administration palestinienne + sécurité partagée), Zone C (contrôle israélien). Sur le papier, cela devait être transitoire. En pratique, cette période introduit une cartographie très concrète de la fragmentation.


zones de cisjordanie occupée

 

2000–2005 : Seconde Intifada, murs, barrières et restriction de l’espace

Au début des années 2000, la Seconde Intifada s’accompagne d’une intensification de la violence, d’un durcissement sécuritaire et de nouvelles infrastructures de séparation. Sur la carte, cela se traduit par une circulation plus contrainte et par une reconfiguration des accès, notamment autour de Jérusalem et de plusieurs zones de Cisjordanie.


2005–2007 : retrait de Gaza et blocus

En 2005, Israël se retire de ses colonies à Gaza, mais la bande de Gaza reste sous fortes contraintes (contrôles des frontières, accès maritime et aérien). En 2007, après une recomposition politique interne palestinienne, Gaza entre dans une période de blocus durable. Sur la carte, Gaza devient un territoire extrêmement isolé.


2012 : la Palestine obtient un statut d’État observateur à l’ONU

En 2012, l’ONU accorde à la Palestine le statut d’État observateur non membre. C’est un jalon diplomatique important : il renforce le cadre politique de la revendication palestinienne, même si cela ne transforme pas immédiatement la réalité territoriale.


evolution carte palestine

 

De 1967 à aujourd’hui : une carte morcelée

Aujourd’hui, la carte des territoires palestiniens est marquée par une fragmentation extrême : une mosaïque d’espaces administrés différemment, de zones sous contrôle militaire, de routes et de passages contrôlés. La Cisjordanie ressemble de plus en plus, dans la pratique, à un archipel de zones discontinues, tandis que Gaza reste un territoire densément peuplé, isolé et soumis à des crises récurrentes.

Jérusalem-Est : un cœur politique et symbolique disputé

Jérusalem-Est demeure un point de tension central. Les enjeux y sont à la fois religieux, politiques, juridiques et urbains, et la ville illustre parfaitement la manière dont une carte peut être contestée, redessinée ou restreinte par des décisions de terrain.

Cisjordanie : continuité territoriale difficile

En Cisjordanie, la question de la continuité territoriale est l’un des principaux défis : la circulation, l’accès aux terres, l’accès à certaines zones et la planification urbaine sont profondément affectés par le découpage, les contrôles et les infrastructures.

Gaza : isolement, densité et crises successives

Gaza représente une réalité géographique particulière : petit territoire, densité élevée, accès contraints. Cette situation influe directement sur l’économie, la mobilité, l’accès aux soins et la reconstruction après les épisodes de guerre.


Comment lire une “carte de la Palestine” sans se faire piéger ?

  • Vérifier la date : une carte de 1947, 1949, 1967, 1995 ou 2024 ne raconte pas la même histoire.
  • Identifier ce que la carte montre : frontières, lignes d’armistice, zones administratives, contrôle militaire, colonies, etc.
  • Distinguer droit et réalité : certaines cartes reflètent un cadre juridique, d’autres une situation de fait sur le terrain.


FAQ : questions fréquentes sur la carte de la Palestine

Pourquoi dit-on “territoires palestiniens occupés” ?

Cette expression renvoie à la situation issue de 1967 : Cisjordanie (dont Jérusalem-Est) et Gaza ont été occupées militairement. De nombreux textes et résolutions internationales utilisent ce cadre pour qualifier le statut de ces territoires.

Quelle différence entre la “ligne verte” et une frontière officielle ?

La ligne verte correspond aux armistices de 1949 : elle marque des lignes de cessez-le-feu, pas des frontières définitives. Elle a cependant servi de repère politique et cartographique pendant des décennies.

Pourquoi la carte semble “rétrécir” au fil du temps ?

Parce que, au-delà des grandes guerres, l’évolution se fait aussi par des mécanismes progressifs : contrôle des accès, découpages administratifs, infrastructures, restrictions de circulation et reconfiguration des espaces.

 

Pour aller plus loin...

Pour approfondir, nous vous invitons à consulter notre article : Drapeau palestinien : histoire et signification. Si le démographie palestinienne vous intéresse, n'hésitez pas à consulter notre article dédié aux premiers habitant de la Palestine.

Enfin, pour éduquer votre entourage sur la réduction des territoires palestiniens à travers le temps, n'hésitez pas à commander notre T Shirt Palestine Map Evolution, qui symbolise la perte des terres, mais aussi la perte de l'espoir.

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